Démolira la vertu.

Démolira la vertu.
Pluie d'acier et ciel d'opaline, les jardins d'hiver brillent sous les étoiles de gel, les arbres sont solitaires et les feuilles rances, plus trop de la couleur orange qui les rendaient si belles. Les branches sont craquées, la terre cassée par endroit, il y a des barrières invisibles, des contrastes tactiles et des regards fantomatiques qui percent la moelle et donnent des frissons. Effusion de troubles, infusion d'espoir, pile ou face, droite ou gauche, les choix font bien trop souvent partis de nos vies, s'asseoir et attendre, se lever et partir. Bout de mort dans l'estomac, nécrose et putréfaction ; sur le sol la tête contre les racines et du sang, se voir tomber d'en haut et contempler la chute, impuissant. Si les nuages n'étaient ni la quête ni l'absolu et si la terre n'était pas ronde, jusqu'où irons-nous ?

C'est étrange tu sais, je sens mon corps partir pendant que ma peine s'exhibe sur mes joues et que ma cage thoracique se contracte comme sous des coups de bâtons invisibles, une déferlante de schlagues qui viendrait exploser mes côtes. Je ne crois plus vivre tu sais. Je me sens loin de toutes les ombres que je croise, je me cache autant que je peux, j'ai peur partout, je ne suis rassuré nul part sauf soudé à toi. Usé et fatigué, j'ai des cloques au c½ur et des aigreurs au ventre, des crispations et des cicatrices sur la peau, je n'ai plus de papillons ni d'arcs-en-ciel dans les iris, je suis le corps vide, le fantôme que personne ne veut, que tout le monde regarde avec dégoût. Mes doigts sont tout raides, je suis incapable de crier, j'ai beau fermer les paupières, enserrer ma tête entre mes mains, je reçois toujours des décharges dans les membres, je ne suis en survie qu'à cause de ces douleurs qui me réveillent, qui me lacèrent et me démantèlent, chaque seconde. Parfois, je crois trouver le sommeil, je souris à l'idée de partir pendant un instant ailleurs mais ce n'est qu'éphémère, ça me reprend comme pour ne pas me faire oublier : mon cafard est journalier, la démence ancrée dans mon dos est mon contrôle. Position f½tale, les jambes collées à la poitrine, le silence m'agresse, même écouter "Heroin" ne m'est plus agréable. Et j'ai mal tu sais. J'ai tout gâché. Que ça vienne, que tu viennes, j'ai trop besoin que tu m'aimes. Je ne me sentirai vivre qu'en toi.

Ce monde ne m'est aucunement vital. J'ai autre chose à faire que de m'attarder ici. A jamais.
# Posté le dimanche 07 décembre 2008 16:31
Modifié le dimanche 07 décembre 2008 16:58

...Meets His Maker - DJ Shadow

Enfant, j'ai passé des heures et des heures à essayer de concevoir le vide. Cette notion dépassait mon entendement. Je n'arrive toujours pas à l'imaginer... Mais je le ressens...

Si nous souffrons, c'est que nous voulons tout expliquer, tout commenter, tout connaître et par voie de conséquence nous donnons de la valeur aux choses et aux phénomènes. Dès lors que l'envie d'expliquer, de commenter, de connaître disparaît, alors la valeur des choses et des phénomènes disparaît pour laisser place à l'ataraxie.
# Posté le mardi 14 octobre 2008 14:32

Music For Morning People - Kid Koala

Les femmes fonctionnent par vagues. Leur humeur varie. Quand elle chute, leurs compagnons s'affolent et essaient à toute vitesse de résoudre leurs problèmes pour ralentir leur descente. Ainsi, ils empêchent de descendre au plus bas et toucher le fond pour remonter. Ainsi, elle n'en finissent pas d'aller et venir dans les zones en abîmes sans jamais trouver le fond où elles auraient pu prendre appui pour remonter.
En fait, quand la femme se plaint, elle n'exige pas que l'homme l'aide à ne pas chuter, elle réclame seulement d'être écoutée. Elle veut un témoin de son expérience : sa descente, son contact avec le fond et sa remontée. Mais l'homme s'affole trop vite. Il veut prouver qu'il est tellement fort qu'il peut stopper une vague ce genre de phénomène. Comme si l'homme pouvait arrêter une vague ! Mais en empêchant la chute libre, il empêche aussi la remontée franche. C'est un peu comme les médicaments qu'on prend dès qu'une fièvre se déclenche. Les médicaments arrêtent la fièvre et empêchent le corps de chauffer suffisamment pour brûler le microbe.
Il ne faut pas avoir peur de ce qui descend et de ce qui chauffe. Si l'on n'en se préoccupe pas, le plus souvent, tout naturellement ce qui descend finit par remonter, ce qui chauffe finir par refroidir.
Ce qui devrait plutôt nous inquiéter, c'est un corps qui ne connaît pas de fièvre. Et une femme toujours d'humeur égale.
Music For Morning People - Kid Koala
# Posté le mardi 14 octobre 2008 14:13

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Volupté. Je ferme avec une féroce détermination mes paupières légères. A présent closes, j'oriente mon inspiration volage dans les rives infernales de la concentration. Celle-ci s'écarte dangereusement à l'écoute d'un prodige musical me permettant ainsi de jouir librement de cette douce quintessence auditive. Tout cela ne facilitant guère la tâche à mon inspiration libertine qui tardait cruellement à cueillir mes mots enfouis. J'aperçus cependant sa course légère et lente. J'en fus tout à fait troublé, de voir à quel point il est bien difficile de la dompter. Elle se pavane, se parfume de poésie, et s'embellit bien à l'écart de ma défunte concentration qui l'implore secrètement de s'assagir. Mais la clandestine n'en a que faire, à sa guise s'offense, se cache et parfois même se corrompt. Je ne suis absolument rien entre elles deux, je ne sers simplement d'outil à la retranscription des excentricités de l'infidèle, mêlée à la timide et pressée maîtresse permettant l'alchimie propice aux débordements égarés verbaux. Il en est des nuits où je ne la trouve pas. Elle s'en est allée promener dans de folles contrées lointaine dont je peine à trouver le délicat chemin. Elle est lunatique, elle reviendra. Mon inspiration.

Je ne suis et ne serais jamais habité par le de démon de l'écriture. Restons en là, je n'essayerai pas de faire jaillir une étincelle d'obstination, tout ce qui est forcé ou alors convenu est faussé, ne donne absolument rien de bon et fructueux, si ce n'est le contrôle de sa propre personne; ceci étant aux antipodes de ma fondamentale recherche. Le doute a cependant existé de tout temps en minorité. Mes visions à ces instants se sont obscurcies considérablement laissant alors place chaude et libre aux notions de la simple et bien affreuse, haïssable raison. Les mots sont les mêmes, bafoués, avalés, éjectés dans ce désordre constant... Je m'ennuie, c'est exécrable, j'en reviens toujours à cet absurde et même point, celui de l'illusion du savoir faire, de la feinte de ma féconde ignorance, de mon intarissable soif d'autosatisfaction. Lorsque les gens seront capables de définir l'intelligence, ils pourront l'employer. Aujourd'hui on dégueule ce mot à guise telle la sottise, qui n'encombrera jamais assez la fondamentale et déraisonnée pensée, prodige sombré dans le néant le plus profond, mon néant. Je crois à présent à la fierté d'un certain déshonneur, il est plus simple d'être bon plutôt que médiocre, soyons clairs. Nous sommes bons dans l'héroïsme du non faire, confortablement ancrés dans le séant de la passivité. Hors, je ne suis pas passif, ni marginal, ni oisif, je ne le suis pas car j'ai l'insolence et coupable tort de vainement essayer d'écrire. Voilà en quoi ma médiocrité à l'art et la manière de me satisfaire, de me ravir. Ma bassesse d'esprit m'a conquise.
# Posté le mercredi 10 septembre 2008 13:20

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Je m'accoude à ma réalité, les yeux bandés par ma rationalité pathétique. Je crois qu'on est tous, chacun, en quête d'une Chose, absolue ou relative, un idéal ou bien un désir minimaliste. Je crois que c'est pour cela qu'on voyage, pour cela qu'on ouvre un livre, qu'on va parler à un inconnu, qu'on allume sa télé, ou qu'on sort dans la rue. Nous sommes en quête, ou en attente. Attente passive ou espoir furieux, que l'improbable traverse soudainement notre matrice si continue, si machinale. Car même si on peut redouter, voir fuir l'inédit, c'est d'évidence que c'est ce qui nous procure ce plaisir si bouillant qui nous persuade à vivre.
Tout me semble si complexe, les relations si ambiguës, les événements si profond et lourd de conséquences.
Fous, analphabètes, poètes, on s'en fout, au fond on crève tout aussi facilement.
Et même si on mutile, inéluctablement, nos corps d'aiguilles de fumée, on est infecté les uns les autres par le désir de sourire malgré tout.
On est si vaniteux...On aurait tellement voulu croire comprendre, qu'on se créée nos fantasmagories en papier mâché. On se fond, se confond aux creux du nid rassurant de notre relativisme absolu. À tout intellectualiser, on ne trouve plus de saveur à rien. On dépigmente l'azur de notre ciel. On ôte les notes de notre pouls-piano, unes par unes. Mais notre cocon cérébral demeure un foutoir, un bouquet d'alchimie.
La mémoire épidermique me révolutionne. Et si Dieu n'était qu'une simple équation de science quantique ? Si la gravité s'inversait ? Si nos cerveaux étaient finalement des univers parsemés de galaxies et de trous noirs, absorbant chaque synapses évasives ? Si notre karma résidait en notre projection stellaire, j'veux qu'Orion soit sur mon orbite. Si l'inclinaison du monde est droite, j'veux être une courbe aléatoire, tourbillonnante tout autour. Je crois qu'on est tous, chacun, en quête d'une Chose, absolue ou relative, un idéal ou bien un désir minimaliste. Je crois que c'est pour cela qu'on voyage, pour cela qu'on ouvre un livre, qu'on va parler à un inconnu, qu'on allume sa télé, ou qu'on sort dans la rue.
# Posté le vendredi 05 septembre 2008 15:07
Modifié le vendredi 05 septembre 2008 15:21