C'est étrange tu sais, je sens mon corps partir pendant que ma peine s'exhibe sur mes joues et que ma cage thoracique se contracte comme sous des coups de bâtons invisibles, une déferlante de schlagues qui viendrait exploser mes côtes. Je ne crois plus vivre tu sais. Je me sens loin de toutes les ombres que je croise, je me cache autant que je peux, j'ai peur partout, je ne suis rassuré nul part sauf soudé à toi. Usé et fatigué, j'ai des cloques au c½ur et des aigreurs au ventre, des crispations et des cicatrices sur la peau, je n'ai plus de papillons ni d'arcs-en-ciel dans les iris, je suis le corps vide, le fantôme que personne ne veut, que tout le monde regarde avec dégoût. Mes doigts sont tout raides, je suis incapable de crier, j'ai beau fermer les paupières, enserrer ma tête entre mes mains, je reçois toujours des décharges dans les membres, je ne suis en survie qu'à cause de ces douleurs qui me réveillent, qui me lacèrent et me démantèlent, chaque seconde. Parfois, je crois trouver le sommeil, je souris à l'idée de partir pendant un instant ailleurs mais ce n'est qu'éphémère, ça me reprend comme pour ne pas me faire oublier : mon cafard est journalier, la démence ancrée dans mon dos est mon contrôle. Position f½tale, les jambes collées à la poitrine, le silence m'agresse, même écouter "Heroin" ne m'est plus agréable. Et j'ai mal tu sais. J'ai tout gâché. Que ça vienne, que tu viennes, j'ai trop besoin que tu m'aimes. Je ne me sentirai vivre qu'en toi.
Ce monde ne m'est aucunement vital. J'ai autre chose à faire que de m'attarder ici. A jamais.
